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HANDNEWS : MASSY VEUT FAIRE MENTIR LES PRONOSTICS

29 août 2017 - 17:03

Vainqueur des play-offs de Proligue la saison passée, Massy revient donc dans l’élite du handball français, après dix-neuf ans d’absence. Avec le plus petit budget, huit nouveaux joueurs et un entraineur arrivé cet été, la mission parait bien compliquée. Mais les Massicois ne veulent pas la croire impossible.

Massy, le statut d’outsider, on connait. Déjà, depuis plusieurs saisons en Proligue, personne ou presque ne misait sur le club essonnien pour prendre sa place dans l’ascenseur vers l’élite. Alors, maintenant que c’est chose faite, ce n’est pas la défaveur des paris qui va faire peur. Pourtant, après avoir du se battre sur le terrain, les dirigeants ont du continuer à batailler en coulisses. Pour trouver des joueurs et renforcer leur effectif calibré pour la Proligue, pour trouver une salle digne de recevoir les plus grands noms du handball mondial, bref, l’été n’a pas été de tout repos. Mais tout ceci est derrière eux, les Massicois sont bel et bien sur la ligne de départ. Avec une stratégie simple : se maintenir. “On sait que jamais une équipe issue des play-offs n’a réussi à rester en Starligue, alors on va voir les choses autrement et se dire qu’on veut être les premiers. Saran est un exemple à suivre pour nous, ils ont réussi à se maintenir en insufflant un état d’esprit différent, en faisant des choses nouvelles. On sait que garder notre place va être extrêmement dur, qu’il va falloir être fort psychologiquement pour y parvenir” analyse Tarik Hayatoune, l’entraineur fraichement arrivé d’Amiens, où il coachait encore en Nationale 1.

UN EFFECTIF RENOUVELÉ À MOITIÉ

Le technicien connait bien les pièges de la montée en première division pour avoir participé à l’aventure de Billère, en 2012, en tant qu’entraineur-adjoint. Et de cette saison catastrophique, conclue avec vingt-six défaites en autant de matchs, il en a tiré les leçons. “Nous avons fait en sorte de recruter des gens qui connaissent le niveau de jeu, que ce soit Ibou Sall ou notre paire de gardiens. Patryk Walczak, de par son expérience en Champions League, connait certaines équipes françaises. La seule interrogation concerne l’adaptation de Mirko Herceg” détaille-t-il avant de comparer ses deux expériences. “A Billère, cette montée était une apothéose, le club n’avait jamais vécu ça. Ici, même si c’était il y a près de vingt ans, on a déjà eu la D1 à Massy”. A ces recrues déjà estampillées Starligue sont venues s’en ajouter cinq autres, pour un renouvellement à 50% de l’effectif. Luc Steins et Vladimir Perisic, les cadres de la montée l’an passée, ont été cherché fortune ailleurs, laissant un vide difficile à combler. Un handicap de plus quand il s’agit de trouver des automatismes rapidement ? “C’est sûr que c’est pas évident. On a l’impression de changer un petit peu de club sans changer de club” rigole l’ailier gauche Junior Réault, formé au club et désormais un des garants des valeurs massicoises. “Le coach veut que des gens comme moi ou Johann Caron insufflent l’âme du club aux nouveaux tout en accrochant le wagon des joueurs plus anciens ou plus expérimentés arrivés dernièrement. On ne va pas avoir beaucoup de temps pour que l’amalgame se fasse et on met les bouchées doubles pour que ça ne prenne pas six mois pour fonctionner sur le terrain”.

NANTES ET PARIS, ENTAME CORSÉE

Pour cela, cinq matchs amicaux sont programmés, après un premier match nul à Caen début aout (33-33). Histoire de trouver ses marques, de voir où en sont les Massicois et, surtout, d’arriver prêt pour les deux matchs inauguraux du championnat, face à Nantes et Paris. “Il y a un vrai risque qu’on prenne deux lourdes défaites d’entrée, mais je préfère les aborder comme des matchs pour nous mettre au niveau, afin d’être prêt pour les suivants, qui, eux, seront décisifs pour le maintien” prédit Hayatoune, tandis que Réault espère bien lui, faire un exploit à la Saran la saison passée, qui en allant chercher le point du nul à Saint-Raphaël en ouverture avait lancé sa saison historique. Avant cela, il faudra avoir bien négocié un tour de coupe de la ligue loin d’être simple à Limoges et engrangé de la confiance face à Nîmes, Toulouse ou Saran en amical. Pour pouvoir, à la mi-septembre, plonger dans le grand bain sans arrière-pensée. “Cela ne fait pas peur, mais envie. Je comprends qu’on coche notre nom en premier quand on se demande qui va descendre, mais l’année passée tout le monde nous donnait perdant face à Istres et Chartres. On veut faire mentir les pronostics. On sait que cela sera dur, mais si on commence déjà à ne pas y croire, aucun intérêt à jouer” conclut Réault.

Kevin Domas

Retrouvez l'intégralité de cet article de Kevin Domas sur Handnews.fr

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